Avoir l’étoffe d’un richard

Plan rapproché de tissus décorés

Avoir l’étoffe d’un richard

Au cours de l’histoire de l’humanité, on a utilisé toute sorte d’objets en tant que moyens de paiement : l’argent ne s’est pas toujours présenté sous forme de pièces et de billets. Chaque société a utilisé en tant que monnaie ce qui chez elle avait une grande valeur. Avec l’essor de l’agriculture, par exemple, on a commencé à payer en bétail ou en plantes.

En Chine, où l’élevage de vers à soie ainsi que la fabrication et le commerce de draps de cette matière se sont développés déjà « avant Jésus-Christ », on payait en écheveaux et en tissus de soie. Les tissus ont été utilisés comme de l’argent ailleurs aussi. Au 10ème siècle, les slaves de Franconie le faisaient avec le lin, alors qu’en France et en Italie, au Moyen Âge, c’était le cuir qui fonctionnait comme monnaie.

Dans certaines régions d’Afrique, les tissus ont été utilisés comme moyen de paiement jusqu’à la moitié du 20ème siècle. Les étoffes représentaient le statut social, le lignage et l’appartenance à une ethnie. Chaque paramètre – couleur, motif, texture, ourlet, façon de porter le drap – avait une signification et laissait entendre quelle était la valeur du tissu. Le peuple des Kuba du Congo, par exemple, portait certains habits seulement pour faire des activités bien précises ou lors d’événements spécifiques, tels que les mariages.

La valeur des textiles africains a été maintenue jusqu’à aujourd’hui, mais dans un sens plus culturel qu’économique. El Anatsui, un sculpteur ghanéen, a comparé la signification des tissus pour les Africains à celle des bâtiments pour les Européens : des objets de commémoration, des vecteurs de souvenirs, des témoins d’une époque.

La créatrice nigériane de 31 ans Amaka Osakwe se penche elle aussi sur ses racines dans son travail. Grâce à ses créations, elle veut amener les gens à réfléchir. Pour ses collections, elle utilise des tissus adire de la tradition yoruba et s’inspire de différents rituels africains. «C’est notre histoire, notre culture», a-t-elle expliqué au « New Yorker ».

Faire comprendre la tradition textile africaine dans toute sa complexité à la culture occidentale n’est pas une mission facile, surtout lorsque ce sont des créateurs occidentaux qui essaient de le faire. La styliste britannique Stella McCartney a provoqué un tollé pour s’être servie de tissus imprimés africains pour une de ses collections. La marque Comme des Garçons a elle aussi été accusée d’appropriation culturelle.

Pour Amaka Osakwe c’est différent. Quand elle a présenté ses collections à la New York Fashion Week, des stylistes ont demandé de pouvoir utiliser ses créations pour des photo-shootings et le magazine « Vogue » l’a définie « une des jeunes créatrices les plus intéressantes du monde ». Michelle Obama s’est déjà montrée portant une blouse en adire de Maki Oh, la marque de la styliste nigériane, et Solange et Lady Gaga également.

Collage de billets de livres australiennes et de biscuits Anzac

En guerre avec des biscuits !

Afin de soutenir ses troupes pendant la Première guerre mondiale, on a utilisé des moyens très créatifs, par exemple une recette à base d’eau et de flocons d’avoine…