Combien coûtent vraiment les océans ?

Collage d’emoji de vagues, calculettes, cochons tirelire, bocaux remplis de monnaies

Combien coûtent vraiment les océans ?

Le marché de Tsukiji à Tokyo est le plus grand marché du monde pour le poisson et les fruits de mer. Chaque année, 60'000 employés vendent 700'000 tonnes de marchandise pour une valeur d’environ 6 milliards de francs. Lors d’une vente aux enchères en 2016, un thon rouge de 200 kilos a été vendu pour 110'000 francs.

Voir la mer d’une perspective économique n’est pas si fou que cela. Il y a une offre limitée – dans ce cas due au fait qu’il s’agit d’un poisson en danger d’extinction – qui rencontre une grande demande et donc le prix augmente. Il nous semble peut-être bizarre de payer 100 francs pour un aileron de requin, comme font les Chinois qui croient que la soupe d’aileron donne de la force, mais même dans ce cas le mécanisme économique est facilement compréhensible.

Par contre, en lisant qu’aux Palaos un requin qui n’a pas été péché vaut deux millions de dollars, cela nous laisse un peu déconcertés. Il faut savoir que huit pour cent des revenus des Palaos – un État du Pacifique qui comprend environ 500 îles – sont issus du tourisme et un bonne partie de cet argent vient du tourisme lié à la plongée. Les plongeurs veulent voir les récifs avec leurs poissons colorés, tortues et requins. Si ces derniers n’y sont pas, les touristes ne viennent plus et le pays perd d’importants revenus.

Cet exemple des coûts et des bénéfices des Palaos doit nous rappeler que les océans sont le plus grand espace vital de la Terre et qu'ils recèlent d’immenses quantités de ressources. Si nous continuons à exploiter ces ressources au rythme actuel, l’écosystème océanique ne pourra jamais se rétablir complètement. Pourtant, les océans ont une importance essentielle pour l’humanité : ils produisent 50 pour cent de l’oxygène et absorbent 30 pour cent du CO2 de l’atmosphère.

Selon le WWF, la valeur de marché totale des océans est de 24 trillions de dollars. Cependant, la pollution et la surpêche entraînent une perte de valeur importante. Pour invertir cette tendance, il faut investir à long terme dans les océans. La première chose à faire, est d’inclure les coûts écologiques et sociaux dans le bilan des coûts et bénéfices de tous les biens et services qui ont un lien avec la mer.

Le plastique, par exemple, a un prix très bas uniquement parce que ni les producteurs ni les consommateurs paient directement pour son élimination finale ou son recyclage et donc pour les conséquences écologiques qui résultent de sa consommation. On estime que les déchets en plastique provoquent chaque année la mort de 100'000 mammifères marins et d’un million d’oiseaux. Ces animaux ont eux-aussi une valeur, même lorsqu’elle ne consiste « que » dans le fait qu’ils sont de la nourriture pour d’autres animaux, lesquels sont à leur tour mangés par les humains.

Il y a énormément de plastique dans les océans. Ramasser et recycler tout cela pendant les prochains dix ans coûte plus de quatre milliards de dollars que pour le Pacifique. Et ceci avec la méthode la plus efficace, tout en supposant que nous arrêtions de polluer la mer avec du nouveau plastique. Si ces coûts ainsi que les autres coûts ultérieurs étaient compris dans le prix de production et de consommation, nous serions bien plus conscients de notre consommation et nous nous comporterions de manière plus durable pour protéger nos moyens de subsistance.

Image de pieds de femme avec des havaianas bleues

Des tongs pour un milliard de francs

De la viande avariée rendue apparemment fraîche par des traitements chimiques. Un président accusé de corruption. Et les tongs dans tout cela ?