Critique des achats de seconde main

Cintre avec des habits de seconde main

Critique des achats de seconde main

Le marché de l’occasion vit un changement d’image depuis quelques années. Acheter des habits qui ont déjà été portés est à la mode. Probablement que la tendance à une consommation plus consciente y a aussi contribué. En effet, plus un vêtement est porté, plus son empreinte carbone est faible.

Selon thredUP, ce sont en particulier les milléniaux et la génération Z qui aiment acheter des vêtements d’occasion. L’entreprise américaine de seconde main publie un rapport annuel sur l’industrie. Dans son édition 2020, thredUp estime que le marché de l’occasion représentera 64 milliards de dollars d’ici 2024.

Les marques de luxe savent aussi reconnaître l’air du temps. Kering, société mère entre autres de Gucci et Balenciaga, a récemment investi 216 millions de dollars dans Vestiaire Collective, une plateforme de vente d’articles d’occasion. La créatrice Mara Hoffman a en même temps développé son propre « Full Circle Marketplace » pour prolonger la durée de port de ses pièces.

C’est précisément pour ces plateformes de revente que thredUP prévoit un avenir particulièrement rose. Selon le dernier rapport, cette part du marché connaîtra une croissance annuelle de 39%. Le marché de l’occasion classique, qui repose principalement sur le marché hors ligne, connaîtra une croissance annuelle de six pour cent selon thredUP. 

Tout le monde ne se réjouit pas du boom du seconde main. Dominique Drakeford parle ainsi de « gentrification des magasins de seconde main ». L’activiste américaine pense qu’en raison de ces développements, il ne resterait que des miettes au véritable groupe cible des vêtements de seconde main – les personnes à faibles revenus.

La popularité du marché de seconde main entraîne aussi une augmentation du nombre de revendeurs et de donateurs. Les brocantes reçoivent chaque année davantage de marchandises. Le problème : il s’agit souvent de pièces de fast-fashion, de qualité trop médiocre pour être vendues. Jakob Amstutz, responsable des brocantes de l’Armée du Salut, a déclaré à la SRF il y a deux ans qu’il voyait là un futur problème pour les brocantes.

Photo de l’App Depop sur un smartphone

Millionnaire grâce à la mode de seconde main

L’application de vente Depop gagne en popularité dans le monde entier. Une utilisatrice canadienne a même récemment franchi la barre du million en revendant de la mode d’occasion.