De nouveaux moyens contre le fléau du plastique ?

Diverses bouteilles en plastique

De nouveaux moyens contre le fléau du plastique ?

Selon le WWF, 86 millions de tonnes de plastique nagent dans nos océans et finissent également dans l’estomac des baleines, tortues de mer et autres animaux. L’organisation environnementale n’est pas la seule à faire pression pour réduire notre consommation de plastique.

Dans une récente interview, Tim Noack, joueur de beach-volley, instructeur de plongée et activiste travaillant avec sa société Mantahari contre les déchets plastiques dans l’océan, a souligné qu’il était minuit moins cinq. Nous devrions en réalité immédiatement cesser d’utiliser du plastique, car tous les déchets plastiques se décomposent progressivement en microplastiques. C’est cette pensée qui rend Noack fou : « Chaque morceau de plastique jamais produit et laissé dans la nature existe toujours – seulement sous une forme différente. Le plastique ne disparaît jamais. »

Au moins en ce qui concerne le recyclage du plastique, les chercheur.euse.s redonnent actuellement espoir. La société française Carbios aurait trouvé une enzyme capable de décomposer les bouteilles en plastique en quelques heures, de telle sorte que l’on puisse fabriquer de nouvelles bouteilles avec les particules chimiques restantes. C’est une nouveauté : jusqu’à présent, les technologies de recyclage ne permettaient de produire que des formes de plastique pour fabriquer des vêtements ou des tapis.

Carbios prévoit maintenant de travailler avec la société biotechnologique Novozymes pour cultiver à grande échelle l’enzyme avec des champignons. La société espère pouvoir utiliser ce procédé industriellement d’ici à 2024. Car malgré la mauvaise réputation du plastique et son impact environnemental élevé, il est léger, polyvalent et bon marché grâce au pétrole brut – et toujours indispensable. Les emballages plastique permettent aux aliments de durer plus longtemps, la légèreté des voitures actuelles n’est possible que grâce au plastique, et même les hôpitaux ont besoin de seringues, de canules et de sacs à perfusion en plastique.

C’est pourquoi la consommation de plastique est encore élevée – aussi en Suisse. Selon l’Office fédéral de l’environnement OFEV, il s’agit de 125 kilos par personne. Mais toujours plus de consommateur.trice.s n’en veulent plus et réclament une réduction de son utilisation et la promotion du recyclage. Cependant, notre pays, qui se targue d’être le champion du monde du recyclage, manque de structures pour y parvenir.

Bien que de plus en plus d’entreprises repensent leurs actions, la Suisse est à la traîne par rapport à ses voisins européens. La Coop et la Migros reprennent certes le PET et autres bouteilles en plastique – elles n’acceptent cependant pas les déchets plastiques. Les deux entreprises argumentent que la valeur ajoutée écologique des campagnes de collecte est limitée. De plus, les emballages plastique sont constitués de nombreux composants différents selon leur fonction – et ce mélange de matériaux est difficile à trier.

 

Photo d’une main tenant un « Ohoo ! » entre les doigts.

De l’eau à manger ?!

S’il n’y a rien à jeter, il n’y a pas de pollution. En partant de ce raisonnement, une entreprise de Londres a décidé de lutter contre les déchets en plastique et a développé un nouveau type de bouteille mangeable.