Vendre ce que ne l’on possède pas

Peinture marine d'une frégate

Vendre ce que ne l’on possède pas

Pour financer le très coûteux commerce maritime entre Amsterdam et l’Asie, dès 1602 la Compagnie néerlandaise des Indes orientales vendit des participations. Ces titres étaient appelés pour la toute première fois « actions ». La première vente à découvert de l’histoire date également de cette époque.

En 1609, Isaac Le Maire, un riche marchand d’Amsterdam, vendit ses actions à la Compagnie. Mais pas seulement ses actions : même celles qu’il ne possédait pas encore. Le paquet fut vendu au prix courant, qui en ce moment-là était très élevé, mais avec la condition que les actions seraient transférées plus tard.

Le Maire espérait qu’entretemps la valeur de ces actions aurait chuté et que certains des actionnaires de la Compagnie auraient donc voulu les vendre. De cette manière, il aurait pu acheter à bas prix des actions qu’il avait vendues – bien qu’il ne les possédait pas – à un prix élevé. Il aurait donc empoché la différence.

La question est : pourquoi était-il si sûr que les actions de la Compagnie des Indes orientales auraient perdu de la valeur ? Parce qu’il avait des informations d’initié. Le roi de France Henri IV l’avait invité personnellement à créer une compagnie maritime en grand secret, afin de concurrencer les Néerlandais qui, jusqu’à ce moment-là, avaient presqu’un monopole sur l’Asie.

Cette manière d’agir, pas très propre et hautement spéculative, conduisit d’abord à l’interdiction pure et simple des ventes à découvert et aux premières règlementations de la bourse. Même aujourd’hui, ce type de transactions est rigidement réglementé et parfois défendu. Par exemple, après la crise financière de 2007, qui a laissé des traces jusqu’à aujourd’hui et qui a été due en grande partie à des opérations débridées de vente à découvert, beaucoup de pais ont émis des interdictions temporaires. Entretemps, la plupart de ces limitations ont été levées ou affaiblies.

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